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Diversification alimentaire chez l’enfant : du neuf en 2014 !


[09-10-2014]

Les règles de la diversification alimentaire chez l’enfant ont changé, dictées par la meilleure compréhension de la physiopathologie des mécanismes de l’allergie. En voici un résumé.

Les règles de la diversification alimentaire chez l’enfant ont changé en 2014. L’ESPGHAN (Société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition) recommande notamment de profiter de « la fenêtre de tolérance » (entre 4 et 6 mois), idéale pour l’introduction d’aliments en vue de l’induction de tolérance chez l’enfant à risque allergique. Plutôt que retarder la diversification alimentaire, il est en effet important de mettre le nourrisson en contact avec l’allergène pour induire une tolérance et éviter l’apparition d’allergies alimentaires. De nombreuses études montrent notamment que l’introduction retardée des aliments n’a aucun effet sur la prévention des l’allergie et peut même être responsable d’eczéma, d’asthme, de rhinite allergique, de sensibilisations, voire d’allergies alimentaires.

Dans ses nouvelles recommandations, l’ESPGHAN préconise entre autres :

  • d’augmenter la part des lipides, qui doivent maintenant constituer 45 à 50 % de l’apport énergétique total, au même titre que les glucides. Ces apports importants en lipides et notamment en acides gras essentiels ont deux objectifs principaux : assurer un développement et un fonctionnement cérébral optimal et prévenir à long terme les pathologies cardiovasculaires. Il est ainsi conseillé de rajouter systématiquement de l’huile de colza, de noix ou de l’huile d’olive dans les légumes et de garder les huiles de tournesol et d’arachide pour la cuisson.
  • de diminuer la part des protéines à 4-6 % de l’apport énergétique total, ce qui réduit considérablement les quantités de viande, poisson et œuf à donner quotidiennement à l’enfant. Ces recommandations sont justifiées par la prévention de l’obésité infantile, qui a pu être attribuée à un régime hyperprotidique de la petite enfance.
  • de privilégier l’allaitement maternel. En l’absence d’allaitement maternel, il est souhaitable d’utiliser les préparations pour nourrissons avant 6 mois, les préparations de suite entre 6 et 12 mois, et le lait de croissance entre 12 et 36 mois. En effet, le lait de vache est carencé en fer, en vitamine C et apporte un excès de protéines et de sodium.
  • de limiter l’apport en sel (qui favorise l’apparition d’une hypertension artérielle future) et en sucres (prévention des caries).
  • d’introduire des légumes à partir de 4 mois sur le repas de midi (pomme de terre, carotte, courgette, blanc de poireau, haricots verts, potiron, artichaut, épinard).
  • d’introduire également des féculents (riz, pomme de terre), dans une proportion d’1/3 de féculents et 2/3 de légumes.
  • d’introduire des fruits cuits à partir de 4 mois (pomme, poire, banane, coing) sous forme de compote mixée à midi ou au goûter. Les fruits et légumes doivent être mixés entre 4 et 8 mois, puis écrasés entre 8 et 12 mois. Les morceaux peuvent être essayés à partir de 12 mois. Les fruits crus peuvent être introduits assez rapidement, à condition d’être bien mixés au départ.
  • d’introduire des viandes, du poisson et des œufs à partir de 5 mois. Les viandes blanches, le bœuf, l’œuf sont mélangés à la purée de légumes à midi. Toutes les viandes peuvent être introduites, à condition qu’elles soient bien mixées. Les œufs doivent être durs au départ et consommés entiers, avec du blanc et du jaune mélangés. Les aliments carnés apportent les quantités recommandées de fer et de zinc.
  • Pour l’introduction du gluten, l’idéal pour la prévention de la maladie cœliaque serait de poursuivre l’allaitement maternel et d’introduire le gluten à partir de 4 mois et avant 7 mois. Pour démarrer, il est recommandé de mettre une cuillère à soupe de céréales contenant du gluten dans au moins un biberon. En cas d’allaitement maternel, il est possible de mettre deux cuillères à soupe de semoule, de vermicelle, de floraline ou de chapelure dans la purée.
  • Chez l’enfant à risque allergique, les recommandations pour la diversification alimentaire sont les mêmes, tout comme chez le nourrisson présentant une allergie alimentaire, à la différence près d’éviter l’aliment auquel il est allergique jusqu’à l’âge habituel de guérison spontanée de son allergie alimentaire. Pour le blé, le taux de guérison est estimé à environ 30 % à l’âge de 4 ans, 65 % à 12 ans. Pour l’œuf, le taux de guérison est estimé à 50 % à l’âge de 3 ans. Enfin, pour le lait, ce taux de guérison est estimé à 80 % à l’âge de 3 ans. En cas d’allergie aux protéines du lait de vache, il est nécessaire de mettre en place un régime d’éviction non seulement des protéines du lait de vache mais également de tous les produits dérivés du lait (fromage, beurre, crème), et du lait de chèvre et de brebis, jusqu’à l’âge de 9 à 12 mois.

Ce qu’il faut retenir

La diversification alimentaire repose aujourd’hui sur la notion de « fenêtre de tolérance » (entre 4 et 6 mois), idéale pour l’introduction d’aliments en vue de l’induction de tolérance chez l’enfant à risque allergique. Il n’y a pas de différence dans la diversification du nourrisson à risque atopique et du nourrisson sans antécédents atopique.


Source : Nestlé NutriPro
A. Juchet et al. Diversification alimentaire chez l’enfant : quoi de neuf ? Revue Française d'Allergologie, 2014. Sous presse.