LA PRISE DE LA PILULE EST-ELLE SANS RISQUE POUR VOTRE SANTÉ ?

pilule


Selon les nouvelles directives de l’institution de santé britannique Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare (Faculté de santé en matière de sexualité et de reproduction), les femmes peuvent prendre leur pilule contraceptive tous les jours du mois.

Sur la base de divers articles de synthèse, les auteurs de la nouvelle directive ont soigneusement étudié les avantages et inconvénients de la prise de la pilule sans semaine d’arrêt. (1)

Les contraceptifs étudiés sont combinés et contiennent donc deux types d’hormones : les œstrogènes et les progestatifs. Ils sont disponibles sous forme de pilule, de patch ou d’anneau vaginal.

Le schéma de prise habituel suit la méthode des 21/7 jours. Vous prenez la pilule pendant 21 jours et arrêtez ensuite pendant 7 jours (semaine sans pilule). Ces schémas sont conçus pour provoquer des saignements chaque mois et ainsi recréer le cycle menstruel naturel, bien qu’il ne s’agisse pas de réelle menstruation. Ce schéma classique aurait été mis au point afin d’apaiser l’Église catholique, car cette institution considère la contraception comme un péché et souhaite que le cycle naturel soit suivi aussi fidèlement que possible.

Les autres schémas de prise étudiés sont :

- une semaine sans pilule raccourcie à 4 jours (schéma de 21/4) - utilisation prolongée de 3 plaquettes de pilules (3 x 21 pilules consécutives) et seulement ensuite une semaine d’arrêt. - schéma continu sans semaine d’arrêt.

Résultat : Les saignements mensuels au cours de la semaine sans pilule n’ont aucun effet bénéfique pour la santé. Les autres schémas présentent, eux, des bienfaits : moins de saignements (douloureux), moins de céphalées et moins de sautes d’humeur. Un inconvénient est une possible perte de sang irrégulière, surtout en cas de prise de pilule prolongée et continue. C’est gênant, mais pas nocif, et cela ne réduit pas l’efficacité.

Que pouvons-nous EN apprendre ?

L’efficacité de ces schémas est suffisamment prouvée, et ceux-ci sont tout aussi fiables. En conservant la semaine sans pilule, le risque est que vous oubliez de recommencer la pilule après 7 jours. Dans ce cas, vos ovaires peuvent redevenir actifs. En raccourcissant cette semaine sans pilule ou en continuant la pilule sans interruption, le risque est moindre, voire nul.

Si vous faites l’impasse sur la semaine sans pilule, votre corps reçoit une quantité plus élevée d’hormones. Cela représente-t-il un risque plus élevé pour la santé ?

On sait que la contraception hormonale augmente légèrement le risque de caillots sanguins (thrombose) et de maladies cardiovasculaires, surtout chez les femmes de plus de 35 ans et/ou fumeuses. Le risque de cancer du sein est également légèrement plus élevé. En revanche, le risque de cancer de l’utérus et de cancer des ovaires est légèrement inférieur.

Les études comparant les schémas habituels aux autres schémas ne trouvent aucun risque supplémentaire lorsque la semaine d’arrêt est raccourcie ou lorsque la prise de pilule se fait sans interruption (2). Il n’y a pas non plus d’effets négatifs sur la glycémie, la pression artérielle et la coagulation sanguine.

L’idée selon laquelle les saignements mensuels sont nécessaires pour être en bonne santé ou pour « nettoyer l’utérus » est un mythe tenace. Lorsque vous prenez la pilule, la perte de sang n’a rien à voir avec la menstruation. Ces saignements lors de votre semaine d’arrêt ne sont pas non plus une preuve que vous n’êtes pas enceinte.

CONCLUSION

Vous pouvez continuer la pilule (ou le patch ou l’anneau vaginal) sans interruption hormonale. Chez certaines femmes souffrant de symptômes menstruels sévères, cela peut être un réel soulagement. Les saignements mensuels pendant la semaine d’interruption ne sont pas nécessaires pour rester en bonne santé. Selon les données scientifiques actuelles, les quantités accrues d’hormones que vous ingérez ne vous font courir aucun risque supplémentaire.

RÉFÉRENCES

(1) Combined Hormonal Contraception (January 2019). Published by the Faculty of Sexual & Reproductive Healthcare. Combined Hormonal Contraception first published in October 2011. NICE accredited.

(2) Edelman A, Micks E, Gallo MF, et al. Continuous or extended cycle vs. cyclic use of combined hormonal contraceptives for contraception. Cochrane Database Syst Rev 2014;CD004695.

(3) Mendoza N, Lobo P, Lertxundi R, et al. Extended regimens of combined hormonal contraception to reduce symptoms related to withdrawal bleeding and the hormone-free interval: a systematic review of randomised and observational studies. Eur J Contracept Reprod Health Care 2014;19:321–39.